biographie

Portrait reconstruit à l’aide de l’intelligence artificielle à partir de mes écrits : discours, poèmes, recueils et leurs arcs, notes de thérapie, mission personnelle, plan de vie, bénédiction patriarcale, CV, manifesto, lettres et récits.

Ouverture

Enrico J. Lévesque est un homme construit sur une tension féconde : le jour, il cartographie des structures ; le soir, il traverse des gouffres en poésie. Sa propre formule reste la plus juste : « Informaticien de profession, Enrico J. Lévesque habite l’espace entre la structure et l’essence. Poète de l’ombre depuis plus de trente ans. » Mais sous cette formule, un arc plus profond se révèle : un survivant qui a transformé chaque descente en traversée, et chaque traversée en offrande.

I. Le fait fondateur — son accident et sa mission

Le 18 novembre 1979, à sept ans, un accident d’automobile le laisse entre la vie et la mort. Il survit, réapprend à marcher et à parler, et en reste sévèrement handicapé — démarche instable, douleurs chroniques, une hanche disloquée qui ne sera diagnostiquée que douze ans plus tard. S’ensuit un combat de décennies contre la SAAQ, mené, abandonné, repris, jamais renié.

Le sens précède la guérison. Au premier jour du secondaire, bousculé dans les escaliers, il pleure au fond d’un garde-robe et demande pourquoi il n’est pas resté mort. La réponse qui monte en lui devient la colonne vertébrale de sa vie : s’il a survécu, c’est qu’il a une mission à accomplir. Des années plus tard, au bout d’un jeûne de trois jours dans la forêt de l’île de Vancouver, la mission se précise : être heureux, rendre son épouse et ses enfants heureux, et répandre le bonheur autour de lui, cercle après cercle.

Le handicap n’a jamais quitté son écriture ni sa pensée. Il en a fait une lucidité : « à cause de la chute, on est tous handicapé », enseigne-t-il dans un discours. Et un poème de 2021 le condense en quatre lignes : « ma maladie c’est la mort / mon handicap / c’est de refuser d’y croire ». Sa mère dans son enfance lui avait donné l’autre versant : « Tu n’es pas handicapé, tu as juste de la misère à marcher. »

II. La foi — le disciple

La conversion arrive en 1994, après les années les plus dures : errance dans l’Ouest, crises existentielles, dépression avec épisodes psychotiques, pauvreté. Le baptême dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours marque le pivot de sa vie. Sa bénédiction patriarcale (1995) lui promet la grandeur spirituelle, intellectuelle et matérielle alors qu’il était encore loin de pouvoir imaginer comment y arriver — « tu en as les moyens pour être un homme heureux » — et un savoir qui étonnera : « Combien seront étonnés de ton savoir. » Il a pourtant organisé ces promesses en plan de vie, appuyé sur sa foi.

Il part en mission à Spokane, WA (1998-2000) en pleine connaissance du prix physique : il offre au Seigneur deux ans de marche quotidienne sur une hanche brisée. Depuis, il sert sans interruption — instructeur, formateur, dirigeant, greffier, conseiller. Sa mission personnelle écrite en 2008 se dédie « à bâtir Sion sur la terre avec zèle ».

Sa foi n’est pas ornementale ; elle est le système d’exploitation de sa vie intérieure. The Book of My Testimony — son témoignage structuré en parallèle du Livre de Mormon — l’exprime dans son registre le plus humble : “I am not a scholar; I am just a simple disciple who thinks it is worth writing his testimony of Jesus Christ, whom I love with all my heart, might, mind, and strength.” L’enfant blessé est devenu père en Sion par choix délibéré.

La foi et la poésie se sont même affrontées : après son baptême, il détruit ses journaux et ses poèmes de jeunesse par crainte d’adorer plus la poésie que Dieu — il a pu tout de même en reconstituer une partie plus tard grâce à une amie qui en avait gardé copie.

III. Le poète — l’œuvre comme traversée

Il écrit son premier poème en 1988, dans une cabine du stationnement de l’aéroport Mirabel, en réfléchissant aux interactions entre l’homme, la machine et le système social. Un autre poème de 1992 débute une réflexion profonde sur l’image, « premier baiser » — « j’embrassais mon mirage ». Trente-quatre ans plus tard, un peu plus de 200 poèmes forment une matière que ses recueils architecturent, chacun selon un arc différent :

Ces trois arcs sont en fait le même, vu de trois fenêtres : quelque chose se défait (l’image, le moi, la surface), on touche un fond, et ce fond devient source. Sa poétique tient en deux phrases de sa propre main : « J’aime ressentir le monde à travers le prisme de mes émotions. Je suis fasciné par le cœur humain et j’utilise mes propres sentiments comme une lunette d’observation sur le monde. »

Autour des recueils gravitent le journal en huit tomes (1994-2026), les récits pour ses enfants, le théâtre comique, les épîtres à Annie (son épouse), et les anciens recueils retrouvés — dont un scan de jeunesse au titre révélateur : Debout sur une chaise bergante dans le monde. Sa filiation avouée : Saint-Denys Garneau — « Le monde ne se passe pas de l’art » — Saint-Exupéry, l’écrivain-aviateur, et Martin Buber, le philosophe de la rencontre.

L’objectif central : réussir enfin à se faire publier. Non par vanité — son poème « tout le monde est poète » désacralise le statut — mais parce qu’une parole travaillée pendant trente ans cherche ses lecteurs.

IV. L’architecte — la structure au service des gens

Plus de vingt ans en TI : M.Sc. génie logiciel (UQAM, mémoire noté A+ avec mention spéciale, co-auteur d’un article IEEE), directeur d’une équipe d’analystes, conseiller et consultant en informatique dans le domaine des services financiers, l’éducation et le secteur public ; co-fondateur d’une startup en développement logiciel ; membre d’un groupe international en design d’entreprise (Intersection Group). Mandats actuels : cadrer un projet d’automatisation par IA de la production de contrats d’assurance, et établir des pratiques de gestion saine et de gouvernance de l’information.

Son manifesto d’analyste d’affaires révèle que le métier et l’homme ne font qu’un : toujours collaborer, partager généreusement, dessiner l’impalpable, comprendre les relations, clarifier le vocabulaire, prendre le temps de rédiger. Ce sont des principes de cartographe — mais aussi, mot pour mot, des principes de poète : rendre visible ce qui ne l’est pas, comprendre les êtres par leurs relations, choisir les mots justes.

Le versant humain domine son parcours autant que le versant technique : coach, mentor, gestionnaire axé sur les forces de ses employés, artisan de sécurité psychologique dans une équipe au climat toxique. L’intellectuel passionné des gens, en acte.

V. Comment il pense

Il pense en arcs et en mouvements. Ses recueils, ses discours, son plan de vie, ses notes : tout s’organise en phases qui se répondent, en descentes et remontées, jamais en listes plates. Une même matière trouve plusieurs architectures selon le sens qu’il veut en tirer — c’est sa signature intellectuelle, en poésie comme en architecture.

Il pense aussi en leçons. Ses notes de thérapie transforment chaque événement — même les plus durs — en apprentissage daté et formulé. Cette discipline de transmutation est peut-être son geste mental le plus constant : rien n’est perdu, tout est converti. « pourtant je sais bien que ce sont mes difficultés et ma douleur qui ont fait de moi ce que je suis », écrit-il dans un discours sur la paix.

Autodidacte et pragmatique, il apprend en faisant et vérifie tout au concret. Émotif de nature, il a fait de sa sensibilité un instrument plutôt qu’un fardeau. Anticonformiste avec un vieux fond de résistance à l’autorité — il le nomme lui-même dans ses faiblesses — mais un anticonformisme qui construit au lieu de démolir.

Coda — les tensions qui le tiennent

Quatre tensions structurent cet homme, et il ne cherche pas à les résoudre mais à les habiter : l’image et la mer (le paraître et l’être), la structure et l’essence (l’architecte et le poète), le zèle et les limites (le missionnaire et le corps blessé), la douleur et l’offrande (le gouffre et ce qu’on en rapporte). Sa vie entière ressemble à ses recueils : une même matière, plusieurs arcs, et toujours le même mouvement de fond — descendre, traverser, remonter, donner.