Connaissance et croissance

« Et la vérité, c’est la connaissance des choses telles qu’elles sont, telles qu’elles étaient et telles qu’elles sont à venir » (Doctrine et Alliances 93 : 24)

Peut-on imaginer la vérité : les choses qui se sont passées, les choses qui se passent présentement et les choses qui vont se passer dans le futur ? C’est peut-être à cause de la volatilité de l’imagination des hommes que certains se sont exclamés : « Qu’est-ce que la vérité ? »

L’acte de s’exprimer brise les illusions, mais peut aussi contribuer à les créer. Quand quelqu’un s’exprime en tant que politicien, il cherche à transformer son image, à influencer, voire contrôler l’opinion des autres ; quand l’amoureux parle doucement, il cherche à paraître agréable, à séduire, à se rapprocher ; quand un parent communique, il veut rassurer, encourager, reprendre, corriger ; quand un poète s’exclame, il revendique, il explore, il crée la beauté, bouleverse les conventions, stimule l’intellect, suscite la volupté. Quand j’écris, j’essaie d’être vrai. J’essaie d’être intéressant. J’essaie de rendre les choses belles. J’essaie de comprendre le monde qui m’entoure et d’approfondir ma conscience.

Ça fait longtemps que j’écris régulièrement, depuis que j’ai 16 ans. Quand j’étais dans ma guérite au stationnement de l’aéroport de Mirabel, j’ai écrit un poème sur la machine, le système sociétaire qui nous rend automates — mon premier cri du cœur. C’était très difficile pour moi d’exprimer mes sentiments. J’ai donc décidé à l’époque de continuer d’écrire des poèmes pour développer ma sensibilité. Je gardais tout en dedans. Par mes histoires et mes poèmes, j’ai pu extérioriser mes émotions et commencer à en prendre conscience.

Je suis d’un naturel contemplatif et méditatif. J’écris pour réfléchir, pour passer du temps avec mes pensées et les organiser, les structurer à l’aide des mots, des phrases, des signes de ponctuation.

J’ai retranscrit à l’ordinateur l’ensemble de mes cahiers écrits à la main. Je constate que j’ai traversé de grandes crises. J’ai écrit des notes vraiment intéressantes sur différents sujets : la douleur, l’art, la poésie, la vérité, le temps, l’intimité. En retranscrivant mes notes, j’ai compris que mon intelligence fonctionne de façon similaire à celle de Saint-Denys-Garneau, qui réfléchissait sur des sujets variés dans son journal. Il approfondissait ses réflexions à mesure qu’il avançait dans l’exercice d’écriture. La même chose se passe quand j’écris moi-même.

Ce phénomène, cet agrandissement de la pensée, se produit quand j’écris et réfléchis : en plaçant les mots et en exposant les concepts, j’approfondis mon intelligence, mes réflexions restent sur la page et je peux y revenir plus tard pour préciser mes idées. Cette forme de méditation fait évoluer ma compréhension du monde.

Cet agrandissement me procure de la joie. Je ne sais pas trop pourquoi. Dans une œuvre d’art, ce phénomène d’expansion de la conscience devient collectif. Certaines de nos discussions y parviennent aussi. L’agrandissement de conscience, quel phénomène !

J’aime le caractère et la personnalité de Dieu. Je souhaite devenir semblable à lui. Sous son influence, à l’aide du Saint-Esprit et des paroles des prophètes, ma propre conscience s’élève vers le ciel. Ainsi Dieu me transforme petit à petit, à travers la prière et la lecture des Écritures Saintes.

Entrer dans la pensée d’un être beaucoup plus grand que soi et se sentir enveloppé dans une intelligence pure donne de la joie. Quelle expérience exaltante !